Les humbles débuts du Conseil international : les journées d’études internationales de Bruxelles (1945)

Le Conseil international a toujours été l’instance suprême de la JOCI. En tant qu’organe représentatif et démocratique de toutes les JOC nationales, il a une riche histoire. Bien que la première réunion officielle ait eu lieu à Rome en 1957, les premières initiatives visant à la création d'un organe international, démocratique et représentatif avaient été prises plus de dix ans auparavant lors des Journées d'études internationales de Bruxelles (1945). Les archives de la JOCI apportent un éclairage précieux sur les humbles débuts du Conseil international.

Le dossier d'archives contient une note rédigée en vue des Journées internationales, avec des  annotations de Joseph Cardijn (pp.1-2). Cette note posait des questions essentielles telles que « de quoi devrions-nous discuter et qui y assistera ? » Parmi les principaux sujets à débattre figuraient la création d'un Secrétariat international à Bruxelles et les principes de base de la collaboration internationale. Répondre à la deuxième question était plus difficile qu'il n'y paraît aujourd'hui : le Canada et le Luxembourg avaient déjà confirmé par télégramme, les États-Unis allaient bientôt en envoyer un, les Pays-Bas, l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande allaient probablement être présents, la Suisse et le Portugal ne devraient-ils pas aussi être avertis ? La communication était toute une aventure...

Grâce aux archives, nous savons qui a finalement participé aux Journées d'études : sept délégations nationales comptant au total 36 personnes (pp.3-4). Le programme des Journées d'études a également été conservé (pp.5-6). Avant de débattre de la fondation d'une JOC internationale, il a d’abord été demandé à chaque délégation de donner un bref aperçu de la situation des jeunes travailleurs et de la JOC dans leurs pays respectifs. Cela reflète l'objectif de fonder un organe international intermédiaire sans « réel » pouvoir (légal) sur les JOC nationales : « La JOCI n'est pas une super JOC ».

Cela, nous le savons car les archives contiennent deux versions du rapport définitif des Journées d'études, dont une version provisoire annotée par Cardijn (7). On y apprend notamment qu’au terme des Journées d'études, Cardijn a encouragé tous les participants à avoir confiance dans le Secrétariat international nouvellement créé, car « nous construisons une JOC internationale, non seulement en esprit, mais aussi en tant qu'institution: c'est elle qui doit créer une unité des jocistes, bien plus forte que tous les pouvoirs légaux que nous pouvons lui attribuer. De cette nouvelle institution dépend l'avenir de la JOC dans tous les pays ; et plus encore, toute l'influence de l'Église sur la classe ouvrière ». (8)

En consultant ces dossiers d’archives, vous avez l'impression de remonter le temps et d'assister en personne aux Journées d'étude. N'auriez-vous pas aimé y être ? 

Pour toute question et/ou remarque concernant le processus d'archivage, veuillez contacter Sam Kuijken (archiviste responsable des archives de la JOCI au KADOC).

 

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